Avant de vous lancer
Électrifier votre flotte de poids lourds : les 6 questions à vous poser.
Il n’existe pas de réponse unique à la recharge des poids lourds : tout dépend de vos camions, de vos tournées et de votre site. Voici les questions qui décident de la bonne solution, et ce que chaque réponse change concrètement pour votre projet.
Combien d’énergie vos véhicules consomment-ils chaque jour ?
C’est le point de départ de tout dimensionnement : les kilomètres parcourus chaque jour, multipliés par la consommation de chaque véhicule. Un tracteur de 44 tonnes consomme souvent entre 1,1 et 1,4 kWh par kilomètre, un porteur urbain plutôt autour de 1 kWh/km, avec une hausse sensible en hiver.
Un tracteur qui roule 300 km par jour demande ainsi de l’ordre de 350 à 420 kWh chaque soir. Multipliez par le nombre de véhicules et vous obtenez l’énergie que votre dépôt doit fournir.
Ce que votre réponse change
- L’énergie à livrer chaque nuit : c’est elle, et non la puissance des bornes, qui fixe la base du projet.
- Le choix des véhicules : la taille de batterie doit couvrir la tournée la plus longue avec une marge, sinon une recharge en journée devient nécessaire.
Combien de temps vos camions restent-ils au dépôt ?
Un camion qui dort dix heures au dépôt n’a pas besoin de la même borne qu’un camion qui repart après une pause de 45 minutes. La durée de présence, et surtout la plage horaire, décide de la puissance nécessaire par point de recharge.
Exemple : 400 kWh à fournir en 10 heures, c’est une puissance moyenne de 40 kW. Les mêmes 400 kWh en une heure demandent une recharge très haute puissance, jusqu’au MCS.
Ce que votre réponse change
- La puissance par point : recharge lente de nuit, rapide en journée, ou un mélange des deux.
- Le nombre de points : quand les horaires s’échelonnent, un même point peut servir plusieurs camions dans la nuit.
- Le pilotage : répartir la recharge selon les heures de départ réduit la puissance appelée et la facture.
Quelle puissance votre site peut-il fournir ?
La plupart des dépôts sont raccordés en basse tension, au tarif jaune, limité à 250 kVA. Une partie de cette puissance sert déjà aux bâtiments, aux ateliers, au froid ou aux quais. Au-delà, il faut passer en haute tension avec un poste de livraison, une étude du gestionnaire de réseau et des délais qui se comptent en mois.
Ce que votre réponse change
- Le pilotage suffit souvent quand l’énergie quotidienne tient dans la puissance disponible sur la nuit.
- Le stockage par batteries prend le relais quand le réseau ne suit pas : voir recharger sans renforcer son raccordement.
- Le renforcement du raccordement se prépare tôt, car c’est souvent lui qui fixe le calendrier.
Êtes-vous propriétaire ou locataire de votre site ?
Une infrastructure fixe, avec tranchées, génie civil et poste de livraison, reste sur place. Sur un site loué, provisoire ou appelé à déménager, cet investissement est perdu au départ.
Ce que votre réponse change
- Site pérenne : bornes fixes, raccordement dimensionné pour la flotte future.
- Site loué ou provisoire : stations déplaçables pré-câblées, posées sans génie civil lourd, qui partent avec vous.
- Accord du bailleur : à anticiper dans tous les cas pour les travaux sur le site.
Combien de véhicules aujourd’hui, et dans trois ans ?
Les premiers camions électriques ne sont que le début. Dimensionner uniquement pour eux oblige souvent à refaire des tranchées, à redemander de la puissance au réseau ou à changer d’armoire électrique deux ans plus tard.
Ce que votre réponse change
- Le raccordement et les réserves : prévoir dès le départ la puissance, les fourreaux et la place pour les points suivants.
- Le palier des aides : la prime Advenir change de logique à partir de 500 kVA de raccordement, avec un forfait par dépôt.
- Un déploiement par étapes, cohérent avec le plan de renouvellement de la flotte.
Quand arrivent vos camions neufs, et quelles aides visez-vous ?
Le calendrier se construit à l’envers, à partir de la livraison des véhicules. Les aides imposent leur propre ordre : la prime Advenir doit être signée avant tout début de travaux, la prime CEE se négocie avant la commande du camion, et un renforcement de raccordement peut prendre plusieurs mois.
Ce que votre réponse change
- L’ordre des démarches : un dossier mal séquencé peut faire perdre une prime.
- Le montant des aides dépend de choix techniques faits tôt, comme le nombre de points et leur puissance : voir les aides 2026.
- Une solution transitoire si les camions arrivent avant l’infrastructure définitive.
Vos réponses, notre étude.
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